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Les changements sensoriels chez les aînés

Le processus de vieillissement commence dès notre naissance et se poursuit tout au long de notre vie. En vieillissant, notre corps se modifie graduellement et il en va de même de nos sens. La sensation est le processus permettant à notre cerveau d’obtenir de l’information sur l’environnement qui nous entoure par le biais de nos yeux, de nos oreilles, de notre bouche, de notre nez et de notre peau. Le processus normal de vieillissement mène à un déclin graduel de chacun de nos sens. Généralement, ces changements commencent vers 50 ans et deviennent plus apparents dans les décennies suivantes. La perte d’odorat et de goût compte parmi les principales causes de carences, d’excès et de déséquilibres associés à la prise alimentaire des aînés. La perte de goût ou la distorsion du goût peuvent réduire la motivation à bien se nourrir. La nourriture ne présente alors plus aucun intérêt et le plaisir de manger disparaît. Plus encore, sans les petits plaisirs associés au fait de goûter ou de sentir, la qualité de vie générale se trouve grandement réduite. Il est donc important de comprendre comment nos sens se modifient en vieillissant pour être en mesure d’offrir les meilleurs soins possibles à notre population vieillissante.

L’effet du vieillissement sur l’odorat et le goût

Les problèmes associés à l’odorat augmentent en vieillissant et sont plus fréquents chez les hommes que chez les femmes. La perte d’odorat chez les aînés peut être associée à la diminution du nombre de cellules sensorielles qui détectent les arômes. Même s’il est normal que ces cellules meurent et soient remplacées par de nouvelles cellules, chez les aînés, le processus de régénération se fait plus lentement. De la même façon, le nombre total de papilles gustatives diminue avec l’âge. Par exemple, à 30 ans, une personne a environ 245 papilles gustatives sur chaque petit renflement de la langue. À l’âge de 70 ans, ce nombre n’est plus que de 88. De plus, les papilles restantes perdent de leur masse, c’est-à-dire qu’elles deviennent plus petites. La diminution de la production de sécrétions dans le nez et la bouche constitue une autre cause possible de perte d’odorat. En effet, le mucus fait en sorte que les odeurs restent assez longtemps dans le nez pour être détectées par les cellules sensorielles, et comme pour la production de mucus dans le nez, la production de salive dans la bouche diminue avec l’âge, ce qui rend la bouche sèche et peut avoir des effets sur la perception des saveurs.

Comment reconnaître la perte d’odorat et de goût?

  • Perte ou gain de poids notable
  • Augmentation ou diminution de l’appétit
  • Plaintes fréquentes associées au manqué de goût des aliments
  • Utilisation excessive des épices et des assaisonnements
  • Commentaires relatifs au goût acide ou amer des aliments
  • Incapacité à identifier un aliment seulement à son goût

De nombreuses personnes sont étonnées d’apprendre que nous reconnaissons les saveurs principalement grâce à notre odorat. En fait, le goût et l’odorat sont étroitement liés. Il n’est pas rare que les aînés ayant perdu une partie de leur odorat trouvent la nourriture insipide. En effet, la perte d’odorat normale chez les aînés a souvent pour conséquence de rendre les aliments sans goût et ennuyeux. Cependant, la plupart des gens pensent alors qu’ils ont un problème de goût plutôt que d’odorat. À ce jour, il n’existe aucun traitement contre la perte de goût ou d’odorat. Une fois qu’un diagnostic est posé, il est toutefois possible d’adapter l’environnement du résident en conséquence.

Manières de favoriser la prise alimentaire

  • Rendre la nourriture appétissante - L’utilisation d’aliments de couleurs et de formes différentes comme des fruits ou des légumes colorés rend la nourriture plus attrayante
  • Servir la nourriture tiède plutôt que froide
  • Donner de la texture à la nourritureLa texture peut compenser le peu de goût et d’arôme
  • Augmenter la saveur des alimentsL’ajout de saveurs naturelles ou artificielles contribue à augmenter les saveurs et les arômes
  • Assaisonner les alimentsL’utilisation de différentes herbes et épices rehausse les saveurs des plats
  • Encourager les résidents à mastiquer longtemps la nourritureUne longue mastication permet un meilleur contact entre les morceaux de nourriture et les récepteurs gustatifs et olfactifs
  • Encourager les résidents à alterner d’un aliment à l’autre à chaque bouchée;L’alternance entre les aliments durant le repas augmente le goût et les saveurs
  • Si la personne a besoin d’assistance pour se nourrir, ne pas mélanger les aliments entre eux Le mélange de la nourriture empêche la personne de distinguer les saveurs, car ces dernières se fondent l’une dans l’autre