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L’hydratation chez les résidents atteints de troubles de mémoire

L’hydratation chez les résidents atteints de troubles de mémoire

Des boissons et des aliments alléchants ainsi qu’un personnel attentif peuvent aider à prévenir la déshydratation.

Pas facile de garder ses résidents hydratés. En fait, beaucoup d’entre eux sont constamment dans un état de déshydratation.

Et la déshydratation peut nuire à la vivacité d’esprit, causer de l’épuisement, ralentir la guérison des blessures et entraîner une perte de poids, la constipation, la diarrhée, et, dans les cas extrêmes, la mort. 

Ce qui ne constitue qu’un souci chez la plupart des gens en santé peut être désastreux pour les personnes dont les fonctions cognitives déclinent. Ces personnes, souvent déjà affaiblies sur le plan physiologique, sont fréquemment atteintes de troubles sensoriels et moteurs qui rendent l’hydratation difficile. Selon des chiffres présentés lors d’une conférence de la Royal Society of Medicine en 2014, le risque de déshydratation est six fois plus grand chez les personnes atteintes de démence que dans la population en général.

« Certains problèmes physiques et cognitifs fréquemment associés à la démence rendent difficile le maintien d’une bonne hydratation », explique Dana Fillmore, directrice du secteur santé chez Service alimentaire Gordon. Parmi ces problèmes figurent l’inaptitude à reconnaître les breuvages, les troubles de coordination et de déglutition, l’incapacité à ressentir la soif, la modification du goût et de l’odorat et les oublis.

L’ampleur de ces problèmes dépend toutefois du stade de démence, précise Mme Fillmore. Certains médicaments, par exemple ceux qui réduisent l’œdème (l’enflure due à la rétention de liquide) ont un effet diurétique, ce qui aggrave la déshydratation et augmente les besoins en liquide, poursuit-elle. 

Lors d’une présentation faite à la fin 2016, Mme Fillmore a demandé aux clients du secteur santé de Service alimentaire Gordon de proposer des idées pour favoriser l’hydratation. Les idées retenues se divisent en deux grandes catégories : l’hydratation pendant les repas et celle entre ceux-ci. Parmi les thèmes récurrents figure l’idée qu’on n’offre jamais trop de liquide et que le personnel joue un rôle essentiel quand vient le temps de convaincre les résidents de consommer des boissons et des aliments hydratants. 

Hydratation lors des repas

Les repas sont une belle occasion de veiller, trois fois par jour, à ce que les résidents consomment assez de liquide. La plupart d’entre eux sont alors au même endroit, et le personnel peut aisément circuler pour servir des boissons et offrir de l’assistance.

  • On opte pour des aliments hydratants comme la soupe, le pouding ou la compote de pommes, qui constituent des façons simples d’augmenter l’apport en fluides sans qu’il soit nécessaire de boire. Il faut toutefois tenir compte des directives individuelles concernant la dysphagie.
  • On doit également s’assurer d’avoir assez de personnel pour vérifier si les résidents s’hydratent et offrir de l’assistance au besoin.
  • On peut mettre sur la table des pichets d’eau attrayants et demander au personnel de servir les résidents qui ne peuvent le faire eux-mêmes.
  • Enfin, un employé peut circuler dans la salle à manger en poussant un chariot à boissons. Idéalement, on doit offrir le plus de choix possible. Les jus de fruits et les boissons frappées sont doublement efficaces, car elles contiennent à la fois des calories et du liquide. 

Hydratation entre les repas

Au cours de la journée, les occasions d’encourager les résidents à boire ne manquent pas. Voici quelques possibilités :

  • Offrir une boisson au début de chaque activité. En servant aussi un petit quelque chose à manger, on encourage les gens à boire tout en leur fournissant plus de calories. 
  • Planifier des activités liées aux boissons ou aux aliments hydratants : limonade, crème glacée ou sucette glacée pour tous en été, chocolat chaud en hiver ou heure du thé.
  • Installer des « stations d’hydratation » à divers endroits. Les gros pichets d’eau infusés de fruits et d’herbes risquent de plaire. On doit toutefois veiller au respect des pratiques de salubrité alimentaire lors de leur préparation : manipulation adéquate de la glace et changement fréquent de l’eau et des ingrédients ajoutés. 
  • À certains moments de la journée, circuler dans l’établissement avec un chariot à boissons et à crème glacée.
  • Veiller à ce que les postes de soins aient un stock suffisant de boissons.
  • Demander au personnel soignant d’offrir des boissons aux résidents durant la journée et à ceux qui ne dorment pas pendant la nuit.

Globalement, le message est clair. On doit proposer aux résidents des boissons et des aliments hydratants aussi souvent que possible. Il faut également fournir l’assistance nécessaire au besoin. Même si cela oblige à consacrer plus de temps aux résidents, on limite ainsi les effets dévastateurs de la déshydratation… et tout ce qu’il en coûte. 

Signes de déshydratation

Chez les gens en santé, les signes de déshydratation ne sont pas toujours évidents; chez ceux atteints de démence, ils le sont encore moins. D’après la Cleveland Clinic, voici les principaux signes de déshydratation :

  • Épuisement.
  • Perte d’appétit.
  • Rougeur de la peau.
  • Intolérance à la chaleur.
  • Étourdissements.
  • Urine foncée.
  • Toux sèche.

Non traitée, la déshydratation peut causer des infections urinaires, des lésions cutanées, de la confusion, de l’épuisement et même la mort. Bref, le meilleur moment pour s’hydrater, c’est bien avant l’apparition de ces signes. 

Au-delà des aliments et des boissons 

D’autres méthodes favorisent l’hydratation chez les résidents, soutient Amy Gautraud, directrice du Centre de ressources nutritionnelles de Service alimentaire Gordon. En voici deux exemples :

  • Utilisation d’équipement adapté : tasse à deux anses, verre à bec, verre avec échancrure pour le nez et pailles allongées. Comme de nombreux résidents atteints de troubles de mémoire ont aussi des difficultés de coordination, ces articles pourraient faciliter l’hydratation.
  • Discussion avec les résidents en vue de comprendre leurs préférences et leurs besoins lors des repas. 

Pourquoi les personnes atteintes de démence ne boivent pas 

Plusieurs problèmes cognitifs et physiques empêchent ces personnes de boire ou de consommer des aliments hydratants, explique Mme Fillmore :

  • Incapacité à reconnaître les boissons.
  • Déclin des sens au point où il devient impossible de ressentir la soif. 
  • Diminution du goût et de l’odorat qui mène à un changement dans les préférences.
  • Réduction de la coordination menant à l’incapacité à utiliser une tasse ou un verre normal.
  • Incapacité ou difficulté à avaler.
  • Oublis.

Bref, pour garder les résidents bien hydratés, le personnel doit absolument leur rappeler de boire et leur offrir l’assistance dont ils ont besoin.