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Les repas au cœur de souvenirs durables

Help people living with dementia eat better and make food connections by using these preparation and dining strategies.

Aidez les gens atteints de démence à mieux se nourrir et à créer des associations positives avec les aliments à l’aide des stratégies suivantes.

 

Tout le monde a au moins un bon souvenir associé à la nourriture. Pensez à la fois où vous avez aidé votre mère dans la cuisine et qu’elle vous a permis de mesurer les épices, puis de les ajouter à une soupe en train de mijoter. Et lors des occasions spéciales, vous adoriez sûrement lécher les batteurs dégoulinants de préparation à gâteau. À Noël, vous avez peut-être déjà inscrit sur un bout de papier le nom de tous les invités et les avez disposés de façon à être assis près de votre tante préférée, dans l’espoir de passer du temps avec elle.

Les souvenirs associés à la nourriture nous sont généralement précieux. Et l’arôme de brioches à la cannelle bien chaudes suffit à raviver l’image de bons moments passés dans la cuisine ou à table. Les aliments éveillent tous nos sens et créent des souvenirs impérissables.

Selon Cindy Rota, directrice générale de la résidence Whitehorn Village Retirement Community, à Calgary, les sens, plus spécifiquement l’odorat, contribuent grandement à stimuler l’appétit des résidents.

« Les sens sont parfois affectés par les médicaments ou la perte de mémoire, mais ils sont là quand même, affirme Mme Rota. Le goût, le toucher et l’odorat sont essentiels au bien-être. »

L’envie de manger fait toute la différence

La chef Julie Williams pense aussi que l’odorat stimule les envies, particulièrement pour les 25 résidents de Whitehorn atteints, à divers degrés, de troubles de mémoire. Elle explique que les grille-pain et les cafetières sont placés pour dégager des arômes aux endroits où les résidents se rassemblent. Et les jours où le personnel prépare des biscuits et du pain avec les résidents, les odeurs familières font ressurgir de bons souvenirs chez chacun des 195 résidents de l’endroit.

« Nous avons une résidente qui adore l’odeur des aliments en train de cuire dans le four ou sur la cuisinière, ajoute Mme Williams. Même si elle n’arrive pas à utiliser les ustensiles et qu’elle ne mange généralement qu’un sandwich, les arômes qui émanent de la cuisine sont, pour elle, ce qui rend les repas importants. »

Chez les personnes atteintes de troubles de mémoire, la confusion et les problèmes de reconnaissance compliquent les choses. En effet, celles-ci ont souvent tendance à penser qu’elles viennent de manger ou à se sentir rassasiées alors que leur dernier repas remonte à plusieurs heures. Certains aliments et les arômes qu’ils dégagent peuvent éveiller les envies, même chez ceux qui mangent très peu.

« Nous utilisons beaucoup les herbes fraîches dans nos plats; elles dégagent des arômes qui stimulent l’appétit, explique-t-elle. Certains résidents n’obtiennent une grande part de leurs nutriments que grâce à des boissons frappées ou des diètes particulières, mais les odeurs qui émanent de la cuisine leur donnent envie de manger. »

Création d’associations positives

Comme la démence et les médicaments peuvent priver certains résidents de leur capacité à goûter les aliments, les odeurs sont importantes. L’odorat et le goût ne sont toutefois pas les seules façons d’apprécier les aliments.

La directrice des soins de Whitehorn, Gurleen Gill, raconte que, trois à quatre fois par semaine, les thérapeutes préparent de la nourriture avec les résidents, ce qui contribue à l’épanouissement de ces derniers. La confection de pain et de biscuits compte parmi les activités les plus populaires. Les résidents qui en sont capables réunissent les ingrédients et participent à la préparation : ils cassent les œufs, mesurent la farine, mélangent la préparation, pétrissent la pâte, etc.

La cuisine et l’alimentation font partie intégrante de la vie de tous les résidents. On a donc tout intérêt à se servir des aliments pour permettre la création d’associations avec des gens, des endroits et des sensations.

Les résidences qui comptent des patients atteints de troubles de mémoire à un stade précoce peuvent utiliser les aliments pour favoriser l’expression, la réflexion, le déplacement, l’organisation et d’autres habiletés qui permettent de renforcer la confiance en soi. Pour ceux à un stade plus avancé, la nourriture peut servir à créer un sentiment de camaraderie et de partage.

Des activités adaptées

Si vous avez envie d’organiser une activité de confection de pain et de biscuits semblable à celle de la résidence Whitehorn, sachez que les proches des résidents peuvent aussi y participer. Vous pourriez également proposer un pique-nique thématique, par exemple lors d’une fête ou d’un anniversaire. Profitez-en alors pour cuisiner des aliments de saison. Réinventez le repas préféré d’un résident ou un plat typique de sa famille. Avec un peu d’imagination et les bons aliments, cela n’a rien de sorcier.

Il faut néanmoins adapter l’activité en fonction des capacités des résidents. De plus, on peut organiser une activité de groupe (décoration de gâteaux ou de biscuits) ou inviter les familles (repas familial traditionnel autour d’une bonne lasagne).

Chez Service alimentaire Gordon, on propose une approche étape par étape qui permettra de faire participer les résidents atteints de démence à des activités culinaires. Même si vous avez peu d’espace en cuisine, ou pas du tout, ce n’est pas grave. L’idée, c’est de préparer ou de partager un repas en passant du temps ensemble. L’activité doit être adaptée en fonction des résidents et de l’endroit.

Mijoter des souvenirs impérissables

Pour les résidents atteints de démence à un stade précoce, vous pouvez prévoir la réalisation complète d’une recette. Si vous avez une cuisine à votre disposition, laissez les invités ou les résidents réserver cet espace pour cuisiner leur plat. Si ce n’est pas le cas, tentez de trouver une façon de les laisser tout préparer ce que vous ferez ensuite cuire pour eux. Pour les résidents à des stades plus avancés de la maladie, on doit bien sélectionner les recettes, fournir les ingrédients et même aider à la préparation. Le personnel en cuisine pourra s’occuper de la cuisson :

  1. Annonce de l’activité. Faites savoir à vos résidents et visiteurs que vous organisez une activité de cuisine. Mettez une affiche sur le babillard ou à l’entrée de la salle à manger.
  2. Gestion du processus. Communiquez les plages horaires disponibles et permettez aux résidents et invités de réserver un moment où ils pourront utiliser la cuisine et la salle à manger (ou un autre endroit). Laissez aussi les résidents ou invités indiquer quelle recette ils prépareront ainsi que détailler les ingrédients et l’équipement dont ils ont besoin. Pour les résidents à un stade plus avancé de la maladie, choisissez vous-même une recette adaptée à leurs préférences. Proposez des recettes qui peuvent se préparer ailleurs qu’en cuisine, par exemple, des biscuits sans cuisson, des bretzels trempés dans le chocolat ou une maison en pain d’épices. Le cas échéant, recueillez les frais de participation.
  3. Planification suffisante. Votre personnel de cuisine doit se procurer les ingrédients requis ainsi que réserver la cuisine et la salle à manger. Il vous faudra aussi prévoir la présence d’employés qualifiés qui veilleront au respect des mesures de salubrité alimentaire.
  4. Participation active. Faites en sorte que les ingrédients soient préparés et mesurés à l’avance, et aidez les résidents et invités à réaliser la recette. Puis procédez au service une fois le processus terminé.

Des souvenirs durables pendant les périodes difficiles

Des études montrent que la luminothérapie, la musicothérapie ainsi que la thérapie par la lecture et d’autres activités améliorent la vie des patients atteints de démence. Elles créent une stimulation cognitive et favorisent la création d’associations avec la vie avant le début de la maladie. Les aliments, qui touchent plusieurs sens, permettent de créer des liens semblables. Ils ravivent des souvenirs et contribuent, dans les périodes difficiles, au renforcement les liens avec les amis et les proches.