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Troubles de mémoire et alimentation

Conseils pour des repas agréables.

Les liens tissés au fil du temps avec les amis et la famille nous permettent de mener une vie épanouie. « Et ce besoin ne disparaît pas avec l’apparition de l’Alzheimer », affirme Ruth Drew, directrice de l’information et des services à la famille pour Alz.org, une association sans but lucratif de Chicago qui se consacre à la recherche sur la maladie de même qu’aux soins et au soutien pour les personnes qui en sont atteintes.

Les repas, et les activités quotidiennes en général, aident les gens touchés par l’Alzheimer et les autres types de démence à maintenir une bonne qualité de vie et à conserver leur identité.

Et la routine lors de ces repas contribue grandement à protéger cette population vulnérable, notamment en lui permettant d’entretenir des relations et de tisser de liens. Mais pour que ce soit possible, on doit tenir compte des besoins de chacun.

« De plus en plus, on adopte une approche centrée sur le patient », constate Mme Drew. Contrairement aux méthodes uniques appliquées à tous, l’approche personnalisée garantit des repas agréables et efficaces pour tous. Il importe cependant de respecter les trois règles suivantes : habiliter les résidents à manger avec dignité, proposer des aliments nutritifs et bons au goût ainsi que stimuler l’appétit grâce à l’environnement offert et à la façon dont les plats sont servis.   

Trois façons de promouvoir la dignité et d’éviter la confusion

1. Le pouvoir de choisir ‒ Ce pouvoir favorise la dignité, permet de créer une ambiance familiale et donne aux résidents du contrôle sur leur vie. Mme Drew conseille cependant de limiter le choix à deux plats, pour éviter que les gens ne se sentent dépassés. Et si c’est malgré tout le cas, le personnel pourra faciliter la prise de décision.

2. Un aliment à la fois ‒ Par exemple, on sert les fruits, puis les œufs et, enfin, les rôties. L’utilisation d’assiettes colorées peut aussi se révéler efficace, car celles-ci feront ressortir les aliments. Pour les patients qui ont des tremblements ou une tendance à s’égarer dans leurs pensées, on privilégiera les aliments qui se mangent avec les doigts comme un sandwich aux œufs plutôt que des œufs et des rôties.

3. Une bonne routine ‒ Les repas doivent toujours être pris au même endroit, à la même heure et avec les mêmes gens. « Le cerveau de ces personnes arrive difficilement à gérer les nouvelles choses », explique Mme Drew. Et comme le bruit risque de stimuler de façon excessive les patients et de les rendre anxieux, l’endroit choisi doit aussi être calme (petites tables, endroit où il y a du tapis, etc.).

Améliorer l’expérience des résidents

« Nous prenons soin de gens à un moment de leur vie où la majorité d’entre eux préféreraient être ailleurs », soutient Neil Prashad, PDG d’Origin Active Lifestyle Communities, un groupe de résidences situées en Colombie-Britannique et en Alberta. « Nous comprenons tous le cycle de la vie. Nous savons que l’assistance est nécessaire, mais l’objectif demeure [de trouver] une façon de rendre l’expérience la plus agréable et normale possible », ajoute-t-il.

Et chez Origin, agréable se traduit par des repas au même endroit et avec les mêmes gens, trois fois par jour. Quant à normal, il signifie de créer un moment qui ressemble au repas de n’importe quel autre adulte. « Quand on vise la normalisation, les plats ne devraient pas être entièrement préparés à l’avance et sortir d’un trou dans le mur », affirme M. Prashad.  

Pour rendre les repas les plus normaux possible, on a pas mal tout repensé, car l’utilisation de vaisselle jetable ou d’assiettes en porcelaine raffinées à tous les repas n’a rien de commun. « On veut offrir la même vaisselle dépareillée que les gens ont à la maison », ajoute-t-il.

En fait, normal rime avec familial. Parce que la plupart des résidents n’ont pas été habitués à un service comme au restaurant 21 repas par semaine. Autre exemple : « Nous déposons une assiette de rôties au milieu de la table », explique M. Prashad, en précisant que le personnel sert les résidents qui n’y arrivent pas tout seuls. 

Cette approche signifie aussi que les résidents qui en ont la capacité et le désir aident à mettre la table, à plier les serviettes, etc. Une fois que c’est fait, ils dégustent leur repas en discutant avec les personnes assises à leur table, comme ils l’auraient fait chez eux.

Les arômes au service de l’appétit 

Chez Origin, la nourriture est préparée dans des cuisines à aire ouverte, ce qui permet aux odeurs alléchantes de voyager jusque dans la salle à manger. En effet, comme les parfums stimulent l’appétit, on tente de faire cuire le pain et les autres aliments odorants à l’heure des repas. Cette stratégie, affirme M. Prashad, a souvent permis de tirer du lit des résidents fragiles. « Ils disent qu’ils n’ont pas vraiment faim, mais ils viennent [dans la salle à manger] quand même », précise-t-il. 

Quant à la composition des repas, eh bien, « il n’y a pas de solution miracle », affirme-t-il. Même si cela fait augmenter les coûts de main-d’œuvre, dans les cuisines d’Origin, on prépare tout ce qu’on peut à partir d’ingrédients frais de première qualité. Par exemple, pour la purée de pommes de terre, le personnel épluche et fait cuire de vraies pommes de terre. Chaque cuisine dispose aussi d’un jardin d’herbes hydroponique.

En plus d’offrir aux gens atteints de troubles de mémoire des repas « normaux et agréables », Origin sait faire preuve de souplesse. Comme l’état cognitif des résidents change souvent, même d’un jour à l’autre, on encourage le personnel à s’adapter en conséquence.

Et puisque les choses évoluent constamment, Origin normalisera et améliorera la vie de ses résidents atteints de troubles de mémoire encore longtemps. M. Prashad est impatient de découvrir ce que l’avenir lui réserve. « C’est tellement un beau milieu quand on est ouvert au changement et à l’innovation », conclut-il.

Ressources utiles 

La Société Alzheimer Canada a publié un document intitulé « RAPPELS ‒ 7 éléments clés des soins centrés sur la personne pour les résidents atteints de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée ».

Elle a aussi créé un forum destiné aux professionnels de la santé (voir la section Discussions en français).

On peut également communiquer avec la Société au numéro sans frais suivant : 1-800-616-8816.